Un robot humanoïde est un robot dont l’architecture corporelle imite celle de l’être humain : il possède un torse, deux jambes, deux bras terminés par des mains et, le plus souvent, une tête équipée de capteurs. Cette ressemblance n’est pas un caprice esthétique, mais un choix pratique — notre monde tout entier est dessiné pour le corps humain. Escaliers, poignées de porte, outils, rayonnages, voitures et postes de travail supposent un être de notre taille, qui marche sur deux jambes et dispose de mains. Un robot de forme humaine peut donc, en théorie, utiliser ces environnements sans les modifier, contrairement aux machines spécialisées qui obligent à adapter les lieux.
Sa caractéristique majeure est le grand nombre de degrés de liberté — typiquement plusieurs dizaines — qui lui donne sa polyvalence, mais complique d’autant le contrôle du corps complet et le maintien de l’équilibre lors de la marche bipède. La locomotion sur deux jambes et la manipulation fine comptent justement parmi les tâches les plus ardues de la robotique, ce qu’illustre le paradoxe de Moravec : ce qui est facile pour l’humain est souvent le plus difficile pour la machine.
Le domaine est aujourd’hui étonnamment large. À côté des robots industriels destinés aux entrepôts et aux usines — Tesla Optimus, Figure 03, Apollo — on trouve des plateformes de recherche abordables comme l’Unitree G1, l’Atlas aux performances dynamiques spectaculaires, ainsi que des robots orientés vers la maison ou le divertissement. Ils diffèrent par la taille (généralement 120 à 180 cm), la masse, la charge utile et le degré d’autonomie.
Les humanoïdes sont souvent présentés comme le sommet de l’IA incarnée. Un regard réaliste distingue toutefois le battage médiatique de l’état réel des choses : si le matériel progresse vite, une autonomie générale fiable en environnement non structuré reste un problème non résolu, et la plupart des déploiements sont encore des pilotes ou s’appuient sur la téléopération.